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Jean-Marie Robine

Rivista GTK n. 07

soler une des fonctions du self pour la mettre sous la loupe, c’est procéder à ce que Goodman appelait une abstraction[1] puisqu’au- cune d’elles ne saurait être séparée des autres fonctions qui sont également des moments spécifiques dans le cours de l’expérience. Je ne sais si les théoriciens ou les praticiens de la musique ont pu envisager d’écrire un traité sur la note ‘Fa’. Je peux difficilement imaginer qu’il soit possible d’en décrire les caractéristiques sans mettre cette note en relation aux autres notes de la phrase musicale qui va lui donner sa place et son sens.

C’est là l’une des spécificités de la théorie de la gestalt-thérapie: à la différence d’autres approches psychothérapeutiques comme les psychanalyses ou l’analyse transactionnelle qui, par le choix même de leur vocabulaire topique, risquent d’induire des représentations en formes d’entités (LE moi, LE ça, LE surmoi; LE pa- rent, L’enfant, L’adulte…), la gestalt-thérapie insiste pour adjoindre à ces concepts le terme de fonction, afin de ne pas prendre le risque de substantifier. On peut certes déplorer que nos fondateurs se soient servi de concepts qui appartiennent à d’autres approches comme le ça et le moi, ou ego, d’autant plus qu’ils leur ont attribué des définitions sensiblement différentes, mais pro- poser de les remplacer par d’autres concepts après plus de 65 ans d’existence et d’usage poserait sans doute plus de problèmes qu’il n’en résoudrait.
Donc avant d’abstraire, pour les besoins de cette étude, la fonction-ego (ou-moi) de la globalité du fonctionnement du self, il semble nécessaire de considérer le contexte, c’est-à-dire ‘self’ tel qu’il est théorisé par la gestalt-thérapie.
Ecco intanto una delle specificità della teoria gestaltica: diversamente da altri approcci psicoterapeutici come la psicoanalisi o l’analisi transazionale che, per la scelta stessa del loro vocabolario topico, rischiano di considerare l’Es, l’Io, il Super-Io come entità a sé stanti, la GT aggiunge a questi concetti il termine di ‘funzione’, per non correre il rischio di sostantivarli

Self en ses fonctions

Longtemps utilisé uniquement comme préfixe ou suffixe, ce n’est qu’au cours du siècle dernier que certains philosophes et hommes de lettres – de langue anglaise, bien entendu – se sont intéressés à ce petit mot qui venait introduire de la réflexivité là où il était associé, et ils lui ont ainsi donné progressivement son indépendance jusqu’à le substantiver en lui attribuant des articles: le self, un self…

Si on considère l’un des usages originels, par exemple en tant que préfixe comme dans self-control ou self-service, on pourrait déplier ce mot et remarquer que self-service est l’équivalent en (mauvais) anglais de I serve me, ou en (mauvais) français de ‘Je sers moi’. Self est donc le concept qui permet de condenser Je et Moi. Qui sont tous deux présents dans cette opération. ‘Je’ a la particularité d’exiger un verbe après lui, ‘Je’ annonce une action. Ainsi, Je est éphémère car s’il n’y a pas d’action annoncée, pas de verbe, il n’y a pas de Je: il n’y a que Moi! Moi, c’est la sédimentation de tous ces actes dont ‘Je’ a été précédemment l’agent; ‘moi’ est inscrit dans la durée, dans une relative stabilité et permanence. Et pour qu’on puisse parler de présence et de déploiement du self, il est nécessaire que Je et Moi se trouvent en quelque sorte associés, réunis par l’action engagée par le ‘je’, par le contact. Et c’est cette action, ce contact initié par ‘Je’ qui fait émerger le self, et c’est l’extinction de ce contact qui permet au self de se rétrécir en se réduisant au ‘moi’ qui assimile l’expérience qui vient de se vivre. Et en même temps, ce self émergent de la situation est aussi l’artiste qui donne forme à cette action-contact. C’est ce qui a fait que Perls et Goodman ont attribué trois caractéristiques fonda- mentales au self: spontané, engagé dans la situation et de voix moyenne (c’est-à-dire agent/actif [Je] et bénéficiaire/passif [moi], comme la grammaire du grec ancien se plaisait à conjuguer cer- tains verbes pour faire la différence d’avec le simple actif, ou le simplement passif).

Pour déplier le self et lui permettre d’œuvrer dans le contact et l’adaptation créatrice, Perls et Goodman suggèrent d’aborder ce processus au travers de trois fonctions spécifiques. Ces fonctions sont aussi des lunettes qui permettent de le percevoir; et ce sont également des moments particuliers dans le déroulement de l’expérience.
‘La fonction-ça’ représente «l’arrière-plan donné qui se dissout en possibilités, y compris les excitations organiques, les situations inachevées du passé qui deviennent conscientes, l’environne- ment vaguement perçu, et les sentiments rudimentaires qui lient l’organisme et l’environnement»[2].
À la différence de la psychanalyse qui théorisait le ça comme «le réservoir de la libido» ou «le réservoir des pulsions»[3] et le si- tuait «au plus profond de l’homme» reprenant ainsi les termes de Groddeck[4], fondateur du concept, la gestalt-thérapie parle non plus de ça mais de fonction-ça du self. Ainsi, même si ‘ça’ conti nue de désigner les besoins, désirs, appétits, pulsions, poussées etc., sa source n’a pas pour origine une quelconque nappe phréatique à l’intérieur du corps mais se situe dans la situation. Le ça devient «ça de la situation»[5] (c’est moi qui souligne), c’est-à-dire produit de et par la situation, bien entendu pour être appréhendé et expériencié par le corps vécu. Ce moment-ça de l’expérience est implicite, préverbal, éphémère, chaotique et informel, mais il est aussi «élan vital»[6] et il prendra forme graduellement grâce aux autres fonctions du self.
La GT non parla di es, ma di funzione-Es del Sé. Così, anche se ‘es’ continua ad indicare bisogni, desideri, appetiti, pulsioni, spinte, ecc. la sua sorgente non si origina da una qualche falda freatica all’interno del corpo ma si situa nella situazione. L’es diventa l’”es della situazione” (sono io a sottolinearlo) creato cioè da e attraverso la situazione, beninteso per essere appreso ed esperito dal corpo vissuto

La ‘fonction-personnalité’ est «la figure créée que le self devient et assimile dans l’organisme, en la réunissant aux résultats du développement antérieur»[7]. C’est «le système des attitudes présumées dans les relations interpersonnelles; c’est l’hypothèse de ce que l’on est et qui sert de base à partir de laquelle on expliquerait son propre comportement si l’explication nous en était demandée. En une étude fine du texte fondateur qui, en particulier, remarque que personnalité est parfois écrit avec une majuscule, d’autres fois avec une minuscule et que cela correspond à des significations différentes, André Jacques[8] met en évidence deux autres acceptions du terme ‘personnalité’ au sein même du texte fondateur: ce que la personne est devenue suite à son histoire personnelle (sens le plus courant de ce terme), et également ce que la personne dit d’elle-même, et qui est, dans certaines théories, est souvent confondu avec le self alors que ce n’en est que la «copie verbale»[9].

Bertram Müller introduit en outre une différenciation qui nous sera précieuse: «A la différence de la notion de ‘personnalité’ en tant qu’archive et ensemble assimilé de valeurs éthiques et que gardienne de l’identité personnelle, la notion de ‘fonction-personnalité’ dénote un aspect spécifique du self en action à la frontière-contact. Sa fonction consiste à informer les autres aspects du self (fonction-ça et fonction-personnalité) à la frontière-contact dans la situation en cours: qui suis-je en ce moment précis, qui veux-je devenir et qui veux-je être dans cette situation réelle»[10].

Ces deux fonctions peuvent être perturbées mais ne disparaissent jamais de l’expérience. Sommairement résumé, la fonction-ça, d’après les fondateurs, est surtout perturbée dans la 

psychose. Dans les pathologies névrotiques ou les troubles de la personnalité, c’est souvent la conscience de la fonction-ça qui sera altérée. La fonction-personnalité sera perturbée dans les pathologies névrotiques ou les troubles de la personnalité soit sous la forme d’une représentation de soi et de son expérience propre qui est éloignée de la réalité, soit sous la forme d’une mobilisation, dans le moment de la situation, de dimensions de la personnalité qui ne sont pas appropriées à la situation. Ces deux catégories de perturbations auront pour conséquence et pour modalité d’apparaître en une perte de la fonction-ego, et c’est donc la fonction-ego ou -moi qu’il nous faut examiner en détail dans la suite logique de ce que nous avons abordé jusqu’ici.

La ‘funzione personalità’ è “la figura creata che il sé diventa e assimila nell’organismo, collegandola ai risultati dello sviluppo anteriore”

Bertram Muller introduce inoltre
una differenza per noi preziosa: “Diversamente dalla nozione di ‘personalità’ nel senso di archivio 
di valori etici e custode dell’identità personale, la nozione di ‘funzione-Personalità’ denota un aspetto specifico del Sé in azione al confine di contatto nella situazione in corso: chi sono io in questo momento preciso, chi voglio diventare e chi voglio essere in questa situazione reale”

La fonction-ego du self

La façon dont la gestalt-thérapie théorise l’ego – ou moi – se révèle extrêmement différente des conceptions proposées par la majorité des autres approches, tant psychologiques que philosophiques. Cette fonction est totalement liée à la fonction-ça et à la fonction-personnalité: comme une sorte d’interface, di- rions-nous en faisant usage d’un concept qui n’existait pas à l’époque des fondateurs, la fonction-ego est un des stades majeurs de l’ajustement créateur. En effet, à partir des vagues excitations organiques et des sentiments rudimentaires émergents de la situation (fonction-ça), à partir aussi des connaissances de soi et du monde acquises grâce aux expériences antérieures (fonction-personnalité), la fonction-ego va donner forme au contacter en cours, procéder à «l’identification à – et à l’aliénation progressives – des possibilités, la limitation ou l’accroissement du contact en cours, y compris le comportement moteur, l’agression, l’orientation et la manipulation»[11]. Ces concepts d’identification et aliénation sont sans doute très colorés par les usages langagiers de l’époque et auraient besoin d’être remis au goût du jour: identification signifie ici l’action de reconnaître une personne ou chose comme étant telle ou telle, de pouvoir préciser ce qu’elle est, dans quelle catégorie elle peut entrer. En termes gestaltistes, on pour- rait ajouter que l’identification permet la mise en figure alors que l’aliénation écarte, renvoie dans l’arrière-plan, rend étranger. De manière simplifiée, la fonction-moi représente la capacité de choix et peut être évoquée en termes de «oui» et de «non», en n’oubliant pas que dire ‘oui’ à quelque chose ou quelqu’un implique de simultanément dire ‘non’ à autre chose (d’où une partie du titre de cet article: «C’est oui ET non»).

La teoria proposta dalla GT relativamente all’io è molto diversa da quelle proposte dalla maggioranza degli altri approcci psicologici e filosofici. La funzione-Io è totalmente legata alla funzione-Es e alla funzione-Personalità: come una sorta di interfaccia…

La funzione-Io procede “all’identificazione
– e all’alienazione progressive –
delle possibilità, alla limitazione o all’accrescimento del contatto in
corso, ivi compreso il comportamento motorio, l’aggressività, l’orientamento e la manipolazione”

J’insiste ici en une petite parenthèse clinique sur la nécessité de la capacité à identifier et aliéner de façon concomitante. Certains patients en effet, lorsqu’ils font un choix, se refusent à écarter les autres possibilités, tel ce patient qui, lorsqu’il choisissait
une compagne ou une partenaire sexuelle, continuait à fantasmer toutes celles qu’il aimerait conquérir. D’autres patients savent ce qu’ils écartent mais ne peuvent nommer un quelconque choix, y compris lorsqu’ils sont interrogés, par exemple, à propos de leur ressenti: «Je ne suis pas triste, pas en colère non plus, ce n’est pas de la peur, ce n’est pas vraiment inconfortable… voilà!».
Il est à remarquer que le terme «ego» a été choisi par le tra- ducteur de Freud en anglais là où Freud, qui écrivait en allemand, utilisait Ich[12]. La traduction de Ich la plus courante serait plus volontiers je que moi, mais moi pourrait aussi en être la traduction correcte lorsque moi est sujet et non objet (par ex.: «ceux qui ont une mauvaise vue, comme moi», ou lorsque la phrase présente une ellipse, c’est-à-dire qu’une partie de phrase est omise parce qu’elle répéterait l’action, comme par exemple dans: «Tu cours plus vite que moi» au lieu de: «Tu cours plus vite que je ne cours». Ainsi, en revenant sur ce que j’évoquais au début de cet article, lorsqu’à titre d’exemple je décomposais le self de ‘self-service’ en Je et Moi (Je sers Moi), la fonction-ego théorisée par la gestalt-thérapie s’avère désigner le Je et non le Moi, le Moi pouvant être regardé comme relativement proche de ce que nous appelons la personnalité. Il pourrait donc être plus pertinent de l’appeler fonction-je que fonction-moi ou -ego[13]. Ces considérations sémantiques viennent, à mes yeux, confirmer l’intuition cruciale de Perls et Goodman mise à jour par Isadore From selon laquelle la fonction-moi est une fonction éphémère, mise en œuvre lorsque le sujet est placé en situation de formation de formes, et donc de choix. C’est aussi par la mise en œuvre de la fonction-moi que se manifesteront les dimensions ça et personnalité et que la fonction-moi concrétisera leur orientation et donc son choix – ou ce qui ressemblera à un choix. La critique de certains psychanalystes à l’égard de la gestalt-thérapie, soi-di- sant trop centrée sur le moi en sa superficialité adaptatrice, se fonde sans doute trop sur leur propre définition du Moi, voire se limite à répéter les anathèmes qu’ils lançaient avaient lancées contre Hart- mann et les tenants de l’Ego psychology. Pourrait-on même oser dire que l’approche gestaltiste concrétise pleinement l’aphorisme de Freud (1932), peut-être en profitant de son ambiguïté: «Wo Es war, soll Ich werden» («Là où était du ça, du moi doit advenir»).

In maniera semplificata la funzione-Io rappresenta la capacità di scelta in termini di “sì” e “no”, non dimenticando che dire “sì” a qualcosa o a qualcuno implica simultaneamente dire di “no” ad altro (da qui una parte del titolo di quest’articolo: “È sì E no”)

Le moi, maître en sa demeure?

Lorsqu’on porte un regard critique sur la description des fonctions du self, on peut avoir l’impression que le contact organisme-environnement est entièrement sous le contrôle de l’organisme d’où partiraient toutes les initiatives et toutes les responsabilités. Lorsqu’on fait le choix de se positionner dans le cadre d’un paradigme individualiste, cette conception ne fait pas difficulté[14]. Mais si c’est au paradigme de champ que nous souhaitons nous référer, nous manquerons de cohérence à placer self ou moi au comme centre du monde. Certes, opérer le passage radical – au plein sens du terme qui réfère au concept de racine – de la perspective individualiste à la perspective de champ nous impose de revisiter nombre de nos concepts, voire d’en emprunter à d’autres disciplines pour pouvoir étayer notre approche. C’est pourquoi, à partir des années 2000 et en diverses occasions, j’ai suggéré l’emploi du concept d’affordance. Cette contribution, certes insuffisante pour résoudre pleinement cette difficulté épistémologique, cherchait à établir un peu plus d’équilibre entre les initiatives de l’individu et les invites de l’environnement. Ce concept a été introduit par Gibson,

«Les affordances de l’environnement sont ce qui s’offre à l’animal, ce qui se procure ou fournit, que ce soit bon ou non. On peut trouver le verbe to afford dans un dictionnaire, mais pas le nom ‘affordance’. Je l’ai fabriqué. Ce que je veux désigner par là c’est quelque chose qui se réfère à la fois à l’environnement et à l’animal d’une façon telle qu’aucun terme existant ne le faisait. Cela implique la complémentarité de l’animal et de l’environnement»[15] (C’est moi qui traduis).

Certamente operare il passaggio radicale – nel senso proprio del termine, che fa riferimento al concetto di radice
– dalla prospettiva individualista alla prospettiva del campo ci impone di rivisitare numerosi concetti […] È per questo che, a partire dagli anni 2000 e in varie occasioni, ho suggerito
l’uso del concetto di
affordance.
Questo contributo, certamente insufficiente per risolvere pienamente questa difficoltà epistemologica, ha cercato di stabilire un pò più di equilibrio
tra l’iniziativa dell’individuo e
le suggestioni del campo. Questo concetto è stato introdotto da Gibson

Les affordances sont donc des possibilités d’action offertes par l’environnement mais elles sont nécessairement mises en relation avec le sujet susceptible de les utiliser. L’anse d’une tasse à café suggère la possibilité de prendre la tasse mais n’oblige en rien cette manière de prendre, encore moins de boire un café. L’affordance désigne la façon dont l’environnement peut être perçu en fonction des moyens dont nous disposons pour y parvenir. Le traducteur de l’édition française de l’ouvrage de Gibson a choisi de traduire ‘affordance’ par ‘invite’, ce qui respecte le type de relation engagé avec l’environnement mais le concept d’affordance semble désormais suffisamment répandu dans différents domaines pour pouvoir être conservé tel quel.

Ce concept me semble en outre converger et enrichir celui de «ça de la situation» qui situait dans la situation, c’est-à-dire dans le contact organisme-environnement, l’origine du désir – au sens large du terme – et non dans le seul besoin de l’organisme.

La fonction-moi du self certes procède aux identifications et aliénations à partir des émergences de la fonction-ça et de leur amorce de mise en forme par la fonction-personnalité, mais elle a en même temps à composer avec les affordances. Ceci, à mes yeux, est d’une importance capitale lorsque le contact avec le monde n’est pas un contact de consommation du monde mais un contact écologique, ce qui s’avère incontournable lorsque le monde n’est pas seulement ‘environnement’ mais se précise sous la forme d’un Autre avec qui je vais devoir composer, construire à partir de ce qu’il afford et qui n’est pas toujours, tant s’en faut, ce que je suis en train de chercher!

Ciò che voglio indicare con questo nome è qualcosa che si riferisce
sia all’ambiente che all’animale
[…] ed implica la complementarietà dell’animale e dell’ambiente” (Gibson)
Le
affordances dunque costituiscono delle possibilità d’azione offerte dall’ambiente, ma sono necessariamente messe in relazione con il soggetto che può utilizzarle. […] Il traduttore dell’edizione francese dell’opera di Gibson ha scelto di tradurre affordance con ‘invito’

Perte des fonctions-moi

Pensé de la façon dont Perls et Goodman le proposent, le fonctionnement du self en mode ego ne requiert pas de développements théoriques complexes pour être compris. Par contre, de multiples modalités peuvent venir entraver un plein fonctionnement-ego. Et puisque la fonction-moi est une fonction émergente lorsqu’il est nécessaire de procéder à des identifications-aliénations, un système d’habitudes peut venir se substituer aux choix véritables. C’est «l’évitement de l’excitation spontanée et la limitation des excitations. C’est la persistance d’attitudes sensorielles et motrices alors que la situation ne les justifie pas ou quand n’existe aucune situation-contact»[16]. C’est alors que nous parlerons de pertes de la fonction-moi auxquelles Perls et Goodman consacreront les deux derniers chapitres de leur ouvrage fondateur. Ces pertes de la fonction-ego seront ainsi amenées à occuper une place déterminante dans l’élaboration, esquissée par ces auteurs et amplement développée par plusieurs générations de successeurs, d’une psychopathologie spécifique.

Molte modalità possono impedire un pieno funzionamento dell’io. E poiché la funzione-Io è una funzione emergente quando è necessario procedere alle identificazioni- alienazioni, un sistema di abitudini può sostituirsi alle scelte vere e proprie.

Talleyrand, un célèbre et fin diplomate français du XVIII° siècle aurait dit: «Il n’y a qu’une façon de dire oui, c’est ‘oui’, toutes les autres veulent dire non». Avec les pertes de la fonction-ego, des apparences de choix peuvent venir se substituer et, lorsque thérapeute et patient prennent le temps de déplier ce qui sous-tend ces pseudo-choix, on peut mettre à jour différentes perturbations de la fonction-personnalité ou des dysfonctionnements de la fonction-ça. Ainsi, et Isadore From insistait sur ce point dans son enseignement[17], lorsque dans une situation donnée l’ego est perdu, absent, momentanément suspendu pourrait-on dire, c’est l’indice d’une perturbation de l’une ou l’autre des autres fonctions. Réciproquement, lorsqu’une expérience est vécue et organisée en une perte de la fonction-ego, cette expérience s’enregistrera sous forme d’une perturbation de la fonction ça ou personnalité. C’est pourquoi nous évoquions plus haut une différence importante entre la fonction-ego et les deux autres fonctions du self: fonction-ça et fonction-personnalité peuvent être perturbées mais, qu’elles soient perturbées ou non, elle seront toujours présentes et actives dans l’expérience, alors que la fonction-moi peut être temporairement perdue. Toujours selon Isadore From, probable- ment le plus érudit des commentateurs du livre fondateur, il n’y aurait pas de demi-mesure: ou l’ego est présent ou il ne l’est pas puisque, toujours selon lui, ou il y a contact ou il n’y a pas contact; il n’y a pas de bon ou mauvais contact.
Dans les deux chapitres intitulés «Les pertes de la fonction-ego» sont abordées certaines modalités et, au fil des années, certaines d’entre elles en sont venues à occuper la place d’honneur dans un nombre important d’écoles de gestalt-thérapie. Dans le premier de ces deux chapitres (XIV), seront exposés le refoulement, la sublimation et la formation réactionnelle, modalités très souvent omises dans l’enseignement et dans la littérature gestaltiste ultérieure. Dans le chapitre suivant, ce seront la confluence, l’introjection, la projection, la rétroflexion et l’égotisme qui seront décrits et qui, eux par contre, auront souvent une place de choix dans la théorisation et dans la pratique de certains gestalt-thérapeutes.
Depuis des décennies, un débat s’éternise à propos du statut de ces modalités et donc de la manière de les nommer: tour à tour – ou parallèlement – elles ont été nommées résistances ou manœuvres de résistance, mécanismes de défense, interruptions du contact, modalités de contact, pertes de fonction-ego ou moi.
Une majorité de ces conceptions, qu’elles soient explicites ou implicites, se fondaient sur le caractère dysfonctionnel et donc pathologique de ces modalités. Un des objectifs du travail thérapeutique consistait donc à permettre au patient, schématiquement parlant, de sortir de la confluence, de se débarrasser de ses introjects, de se réapproprier ses projections et ainsi de suite. Toutefois, maints gestalt-thérapeutes considéraient aussi que l’usage de certaines de ces modalités pouvait parfois s’avérer sain s’il remplissait deux conditions: qu’il soit conscient et choisi.

Funzione-Es e funzione-Personalità possono essere turbate, ma saranno comunque sempre presenti e attive nell’esperienza, allorché la funzione- Io può essere temporaneamente perduta. Secondo Isadore From, il più erudito dei commentatori del libro fondativo, non ci sarebbero mezze misure: o l’io è presente o non lo è, poiché, sempre secondo lui, o c’è contatto o non c’è contatto; non esiste un buon o cattivo contatto

Alors la question se pose: est-ce qu’un concept, un mot, peut signifier en lui-même processus sain aussi bien que non sain? Pour moi, dire ‘projection’, par exemple, ne veut pas dire ‘non sain’ mais indique simplement une modalité d’expérience du contact avec le monde. Bien entendu, il y aurait beaucoup à dire sur la décision de considérer que «ceci» est une projection alors que «cela» ne l’est pas, et certains d’entre nous s’y sont employés[18] mais ceci est une autre question.  Je préfère donc ne pas adopter la lecture du chapitre XV de Perls et Goodman proposée par From et qui le conduisait à cher- cher «quelle est la perte de fonction-ego à l’œuvre dans ce mo- ment de la séquence de contact?» pour diagnostiquer projection ou introjection, argumenté par le fait que Perls et Goodman décrivent amplement ces modalités (introjection, projection etc.) dans un chapitre intitulé «Perte des fonctions-moi». On peut en effet aussi bien comprendre que projection, rétroflexion etc. ne sont pas, en tant que telles, des pertes de la fonction-ego – et donc relèveraient de la pathologie – puisqu’elles peuvent se pro- duire avec un plein fonctionnement du moi. Et choisir de com- prendre que lorsqu’on est en présence d’une possible projection, introjection ou autre en même temps qu’il y aurait perte de la fonction-moi et parce qu’il y a cette perte, c’est l’expérience de contact en cours qui est éventuellement pathologique. D’ailleurs, ces chapitres ont pour titre «Loss of ego-functions», ‘Loss’ au singulier, alors que From parlait toujours ‘des pertes’ de la fonction-ego, ce pluriel désignant pour lui les cinq modalités exposées dans ce chapitre.

L’expression ‘interruption du contact’ manifeste une certaine ambiguïté liée à la définition implicite que chacun peut avoir du contact. Un être humain est toujours en contact avec quelque chose ou quelqu’un, ne serait-ce qu’avec l’air qu’il respire ou le sol sur lequel il repose. Le contact peut se déplacer, même très rapi- dement, d’une figure à une autre (une sorte de variation noématique, pour détourner un terme husserlien) comme il peut changer de modalité, passer d’un contact visuel à un contact émotionnel par exemple (ce serait une variation noétique). Ce ne serait donc pas «le» contact qui serait interrompu, mais dans certains cas «un certain» contact, dans d’autres l’objet du contact, ou encore la modalité de contact qui se verrait remplacée par une autre.

Pour donner un nom catégoriel à ces modalités, j’avais pro- posé en 1997 le terme de ‘flexions’ rencontré dans la traduction française de Le rêve et l’existence de Binswanger[19]. Ce terme, emprunté à la linguistique, regroupe la façon dont sont conjugués ou déclinés les mots (verbes ou noms). Il ne présente donc aucune connotation péjorative ou dysfonctionnelle: il désigne seulement des dérivations, des variations liées au contexte. Il me semble que ce concept permet d’aborder ces phénomènes de frontière-con- tact comme des variations et non des symptômes ou des mécanismes. Il permet de ne pas se focaliser sur ces phénomènes mais de les déplier en tant que portes d’accès à l’expérience.

Si pone la domanda: un concetto, una parola possono significare al contempo un processo sano e un processo non sano? Per me dire ’proiezione’, ad esempio, non vuol dire ‘non sano’, ma indica semplicemente una modalità di esperienza del contatto col mondo
Proiezione, retroflessione, ecc. non rappresentano in quanto tali una perdita della funzione-Io – e dunque concernenti la patologia – poiché possono determinarsi con un pieno funzionamento dell’io. Allorché si è in presenza di una possibile proiezione, introiezione o altro, nel tempo stesso in cui ci sia una perdita della funzione-Io e poiché c’è questa perdita, è l’esperienza di contatto in corso ad essere eventualmente patologica
L’espressione ‘interruzione di contatto’ manifesta una certa ambiguità legata alla definizione implicita che ognuno può avere del contatto. Un essere umano è sempre in contatto con qualcosa o qualcuno
Non sarebbe dunque il contatto ad essere interrotto, ma in certi casi un ‘certo’ contatto, in altri l’oggetto del contatto, o ancora la modalità di contatto, sostituita da un’altra

La temporalité de l’ego

Puisque l’ego, tel qu’il me semble compris par la gestalt-thérapie, s’apparente plus au Je qu’au Moi, sa fonction d’agent ne s’exerce que de manière temporaire. Rappelons simplement que Perls et Goodman qualifient l’ego de «l’un des stades majeurs de l’ajustement créateur»[20], donc une structure et une fonction temporaire. Il est un certain nombre d’activités humaines pour lesquelles la mobilisation de systèmes d’habitudes, de routines, s’avère suffisante et efficace. Il est un certain nombre de contacts humains pour lesquels le mode Je-Tu n’est pas requis et, comme le remarque Martin Buber lui-même[21], le mode Je-Cela est nécessaire et peut être pleinement adapté à la situation. En outre, comme nous l’avons évoqué, le mode-moi du self peut être parfois momentanément perdu, suspendu, et parfois chroniquement remplacé par une modalité dysfonctionnelle fixée.
Mais Perls et Goodman ont aussi mis en évidence comment le fonctionnement en mode-ego peut se déployer au cours de la séquence de construction-déconstruction de la gestalt, et comment les différentes flexions – ou ce qu’ils appelaient ‘interruptions du contact’ – peuvent intervenir à des moments spécifiques du processus, en fonction des difficultés précises rencontrées par le self à tel ou tel moment de la situation.

C’est ainsi qu’ils situent les cinq célèbres flexions (confluence, introjection, projection, rétroflexion, égotisme) à des moments très précis de la séquence. Cette conception temporelle théoricoclinique a été l’objet de nombreuses critiques dans la communauté, la plus fréquente consistant à considérer que ces modalités peuvent, en fait, intervenir à n’importe quel moment du processus. Il me semble que cette critique révèle surtout des différences de compréhension et de définition de ces concepts d’une part et, d’autre part, la confusion fréquente entre un processus (par exemple l’introjection) et un des résultats possibles de ce processus (dans ce cas l’introject). Perls et Goodman avaient proposé des concepts équivalents pour la projection (le projet) et pour la rétro- flexion (le rétroflect)[22]. Par exemple, si la posture habituelle d’un patient est constituée de certains de ces aspects: poitrine rentrée et respiration retenue, la tête est rentrée dans les épaules qui sont tendues et relevées, les muscles des bras sont crispés, les poings serrés, et les mâchoires contractée, peut-on prétendre que ce pa- tient est en train de rétrofléchir? Il paraît plus pertinent de penser que les rétroflexions originelles se sont chronicisées et sont ainsi devenues rétroflects et, si on adopte la proposition de PHG[23], on pourrait dire que nous sommes en présence d’une confluence avec un rétroflect. Cette distinction me paraît d’importance parce qu’elle montre bien que le travail que thérapeute et patient ont à mener concerne la sortie de confluence et non pas la rétroflexion. De la même façon, lorsqu’un introject se manifeste, il peut se manifester en tant que, par exemple, contenu d’une projection; si le gestalt-thérapeute prétend centrer ses modalités de travail sur le processus, sur la façon dont les patients font ce qu’ils font, c’est donc sur la modalité projective qu’il conviendra dans ce cas de diriger son attention.

Et, en tant que processus, ce n’est pas à n’importe quel mo- ment de la séquence de contact que la projection peut intervenir: c’est bien lorsque ce sera le moment où la nécessité de ‘perce- voir’ sera en figure, de percevoir le monde tel qu’il est et, par la proprioception, de sentir mon contact avec lui grâce à l’émotion. L’anxiété de sentir mon émotion pourra être évitée grâce à la projection qui me permet de l’attribuer à autrui ou au monde, l’anxiété de percevoir mon environnement tel qu’il est se trouve évitée grâce à la projection de certaines de mes anciennes ex- périences du monde…

Chacune des flexions décrites par Perls et Goodman, lorsque le déploiement du self en mode ego est interrompu par l’angoisse,  vont intervenir à des moments spécifiques en mettant en jeu des caractéristiques qui mettent en évidence, a contrario, à quoi le self doit s’atteler lorsque le processus se déroule de façon si spontanée qu’on peut ne pas en être conscient. Ainsi l’absence d’introjection met en évidence que l’ego doit pouvoir faire s’unir pleinement au ça, c’est-à-dire que le désir soit intégré et assumé et non délégué. L’absence de projection révèle que la fonction-ego a aussi pour tâche d’orienter le champ et la mise en contact à partir de la proprioception et de la perception. L’absence de rétroflexion met en évidence qu’une des tâches du moi est de savoir contacter le non- moi, de surmonter l’angoisse de l’altérité et la résistance à l’agressivité (au sens perlsien). L’absence d’égotisme révèle que le moi aura su s’effacer, relâcher l’excès de délibéré nécessaire jusqu’a- lors pour finaliser le contact. Toutes ces étapes – et sans doute quelques autres encore – auraient pu passer inaperçues lorsqu’on se limite à attribuer à la fonction-moi la seule tâche de l’identification-aliénation.

Se la postura abituale di un paziente è costituita da alcuni di questi aspetti: torace rientrato e respirazione trattenuta, testa incassata nelle spalle tese e rialzate, muscoli delle braccia tesi, pugni serrati, mascelle contratte, si può ipotizzare che questo paziente stia retroflettendo? Sembrerebbe più pertinente pensare che le retroflessioni originarie si siano cronicizzate […] si potrebbe dire che siamo in presenza di una confluenza con un atto di retroflessione. Questa distinzione mi sembra importante perché dimostra che il lavoro che faranno terapeuta e paziente riguarda l’uscita dalla confluenza e non la retroflessione

Conclusion

Blankenburg (cité par Tatossian), dans le contexte de ses travaux en psychiatrie phénoménologique, avait proposé comme définition du pathologique: «Le fait, ou plutôt l’expérience que le sujet ‘ne peut pas ne pas’ présenter tel comportement ou éprouver tel vécu». Cette magnifique définition, avec sa double négation, fonde ainsi, selon les termes de Tatossian[24], un autre psychiatre phénoménologue qui le citait volontiers: «La pathologie psy- chique dans une psychopathologie de la liberté».
Pour le gestalt-thérapeute, c’est précisément la tâche de la fonction-je qui se trouve ici concernée car c’est par cette dernière que se feront des choix dans lequel le self pourra être totalement engagé et qui, en même temps, permettront l’émergence du self, en rupture de routines, de stéreotypies et autres systèmes d’habitudes auxquelles la personne –consciemment ou non – ne peut pas échapper.

Per il terapeuta della Gestalt è esattamente […] attraverso la funzione-Io che si faranno delle scelte in cui il sé potrà essere totalmente coinvolto e che nello stesso tempo permetteranno l’emergere del Sé, rompendo le routines, le stereotipie ed altri sistemi di abitudini che l’individuo – più o meno consapevolmente – non può evitare

 

1 Perls et Goodman définissent longuement l’abstraction au chapitre 3, §11.
2 F. Perls, R. Hefferline, P. Goodman (1994) (ed. or. 1951), Gestalt Therapy, Excitement and Growth in the Human Personality, Gestalt Journal Press, X, 5, 378.
3 S. Freud (1923), The Ego and the Id in On Metapsychology, Penguin Freud Li- brary 11, p. 369n, 1991.
4 G. Groddeck (1923), Das Buch vom Es: psychoanalytische Briefe an eine Freundin. (Trad. angl. The book of the it.)
5 F. Perls, R. Hefferline, P. Goodman (1994) (ed. or. 1951), Gestalt Therapy, Excitement and Growth in the Human Personality, Gestalt Journal Press, XII, §3.
6 Ivi, introduction, en français dans le texte.
7 Ivi, X, 5, 378.
8 A. Jacques (1999), Le soi, fond et figures de la gestalt-thérapie, Bordeaux, L’exprimerie, 92 sq.
9 F. Perls, R. Hefferline, P. Goodman (1994) (ed. or. 1951), Gestalt Therapy, Excitement and Growth in the Human Personality, Gestalt Journal Press, X, 5, 378.
10 B. Müller (2016), Ethical Paradigm of Gestalt Therapy – How does one acquire a self-determined ethical profile? in «Gestalt Today», Vol. 1, 33.
11 F. Perls, R. Hefferline, P. Goodman (1994) (ed. or. 1951), Gestalt Therapy, Excitement and Growth in the Human Personality, Gestalt Journal Press, X, §5.
12 Ich, dans la Standard Edition, a parfois été aussi traduit par self. « [Ich] peut désigner le self de la personne dans sa totalité (y compris peut-être son corps) en ce qu’elle se distingue d’une autre personne, ou il peut dénoter une par- tie spécifique du psychisme caractérisée par des attributs et par des fonctions particulières. » (Cf. M.-T. Melo Carvalho (1991), De l’ego psychology à la self psychology: l’origine et les avatars de la notion de self dans la psychanalyse américaine in Psychanalyse à l’université, PUF, Paris, Tome 16, n°64). Rappelons que self reçoit, dans le glossaire des termes et concepts psychanalytiques édité par l’Association Américaine de Psychanalyse, une définition très différente de la définition proposée par Perls et Goodman: «Self: la personne totale d’une individu dans la réalité, y compris son corps et son organisation psy- chique; la personne propre telle qu’elle se différencie des autres personnes et des objets en dehors d’elle-même» (cité par Melo Carvalho B. in Moore, B. Fine (1968), Glossary of Psychoanalytic terms and concepts, American Psychoanalytic Association, New York, ibid.)
13 Choix qui a été fait dans certaines langues comme l’espagnol ou le russe.
14 Cette conception s’est d’ailleurs trouvée amplifiée et popularisée lorsque ce que les fondateurs avaient élaboré en termes de séquence de l’ajustement créateur ou de construction-destruction des gestalts est devenu cycle de satis- factions des besoins ou autres formulations similaires et egocentriques.
15 J. J. Gibson (1979), The Ecological Approach to Visual Perception, Houghton Mifflin, Routledge, Taylor & Francis Group LCC, Boston. Trad. Franç (2014), Approche écologique de la perception visuelle, Ed. Dehors, 127.
16 F. Perls, R. Hefferline, P. Goodman (1994) (ed. or. 1951), Gestalt Therapy, Excitement and Growth in the Human Personality, Gestalt Journal Press, X, §2.
17 Séminaires et entretiens personnels, 1981-1994.
18 J. M. Robine (1984), Usages et mésusages de la projection, in Société Française de Gestalt (Ed.), La Gestalt en tant que psychothérapie, Actes des journées d’études de Bordeaux; L. Jacobs (2011), Critiquing projection: supporting dialogue in a post-Cartesian world in Bar-Joseph T., (Ed. 2011), Gestalt Therapy: Advances in Theory and Practice, Taylor & Francis group, Routledge.
19 L. Binswanger (1954), Le rêve et l’existence, Desclée de Brouwer, Belgique.
20 F. Perls, R. Hefferline, P. Goodman (1994) (ed. or. 1951), Gestalt Therapy, Excitement and Growth in the Human Personality, Gestalt Journal Press, X, §5.
21 M. Buber (1969) (ed. or. anglaise „Ich und du“ 1923), Je et Tu, Paris, Aubier.
22 F. Perls, R. Hefferline, P. Goodman (1994) (ed. or. 1951), Gestalt Therapy, Excitement and Growth in the Human Personality, Gestalt Journal Press, XV, §9.
23 Ib.
24 A. Tatossian (1986), Pratique psychiatrique et phénoménologie, in Fedida, P. (Ed.), Phénoménologie, Psychiatrie, Psychanalyse, Echo Centurion, Paris.

Giovanni Salonia

Psicologo, psicoterapeuta e teologo. Formato in Terapia Roger- siana (H. Franta), Terapia Familiare (M. Kirschenbaum – C. Gam- mer), Bodytherapy (G. Downing). Diplomato in Gestalt Therapy (E. e M. Polster, I. From, J. Zinker).
Già docente di Psicologia Sociale presso l’Università LUMSA di Palermo e di Psicologia presso la Facoltà Teologica di Palermo. Do- cente invitato presso l’Istituto Telogico San Paolo di Catania. Do- cente incaricato presso l’Università Pontificia Antonianum (Roma). Insegna alla Scuola di Specializzazione in Psichiatria dell’Universi- tà Cattolica del Sacro Cuore. Già Visiting professor presso l’Univer- sità del Connecticut (USA).
Direttore Scientifico della Scuola di Specializzazione in Psicote- rapia della Gestalt dell’Istituto di Gestalt Therapy hcc Kairòs (Vene- zia, Roma, Ragusa) e dei Master di II livello cogestiti con l’Universi- tà Cattolica del Sacro Cuore di Roma.
Direttore del Consultorio Familiare Oasi Cana di Palermo.
Didatta conosciuto a livello internazionale e professore invita- to presso numerose università italiane ed estere. Già Full Member dell’Instituto di Gestalt Therapy di New York (NYGT). È stato Presi- dente della FISIG (Federazione Italiana Scuole di Gestalt).
Ha scritto: Comunicazione Interpersonale (con H. Franta), Kai- ròs, Odòs, Sulla felicità e dintorni, Danza delle sedie e danza dei pronomi e, come coautore, Devo sapere subito se sono vivo e La luna è fatta di formaggio, I come invidia e La vera storia di Peter Pan, che trattano di tematiche sia antropologiche che cliniche.

Valeria Conte

Psicologa, Dirigente presso il Dipartimento di Salute Mentale dell’ASP provinciale di Ragusa; psicoterapeuta e Didatta Superviso- re Ordinario riconosciuto dalla FISIG (Federazione Italiana Scuole ed Istituti di Gestalt). Membro del comitato scientifico e responsa- bile didattico e clinico dell’Istituto di Gestalt Therapy hcc Kairòs.
Formata con i maggiori esponenti nazionali ed internaziona- li della Psicoterapia della Gestalt, ha ampliato la sua specifica for- mazione con training di specializzazione in Terapia Familiare e in Terapia Corporea. Ha approfondito il modello epistemologico della Gestalt Therapy nel lavoro con i pazienti psichiatrici, le coppie e le famiglie, i cui risultati sono stati pubblicati su riviste nazionali ed estere.

Antonio Sichera

Antonio Sichera insegna Letteratura italiana moderna e con- temporanea presso il Dipartimento di Scienze Umanistiche dell’U- niversità degli Studi di Catania ed è docente di Fenomenologia ed Ermeneutica nella Scuola di Specializzazione post-universitaria dell’Istituto di Gestalt Therapy Kairòs. Formatosi in Lessicografia e Semantica della lingua letteraria europea alla prestigiosa scuo- la catanese di Giuseppe Savoca, ha scritto saggi e monografie su Foscolo, Pasolini, Pavese, Pirandello, Montale, Quasimodo e su molti altri autori della contemporaneità letteraria, in un’ottica interdisciplinare ed ermeneutica. Si è occupato a più riprese di teoria della critica e dell’agire letterario, in rapporto con il sapere filosofico e teologico, fra Gadamer, Benjamin e Jossua. Sul ver- sante clinico, è autore di diversi saggi sugli aspetti ermeneutici ed estetici della Gestalt Therapy. Ha tradotto dal greco (A Diogneto) e dal francese (diversi testi del Padre Jossua).

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